Des sujets d'actualité en éducation thérapeutique et télémédecine..
9 Mai 2016
Posté le 24 février 2016 par Cécile Monteil
Si vous suivez l’actualité en santé, le nouveau rapport du Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) sur la réglementation de la télémédecine ne vous aura pas échappé. L’Ordre est fâché : contre le gouvernement qui ne permet toujours pas un véritable déploiement de la télémédecine, et contre ces start-up qui tentent “d’ubériser” la médecine.
J’ai souhaité vous faire un (petit) résumé, mais aussi creuser un peu plus loin, pour comprendre ce qui dérange du côté de ces fameuses start-up.
Les termes utilisés par le CNOM sur le statut actuel de la télémédecine sont sans appel :
#rigidité #vitrification #contraintes excessives #situation non tenable
Ce sont des sites web (+/- applis mobiles) qui permettent aux patients de poser des questions via des messages, du chat ou des appels téléphoniques à des médecins. Ces avis étant hors parcours de soins ne sont donc pas remboursés. Le coût des réponses à ces questions varie selon la rapidité de la réponse et du site.
Les extrêmes sont Le Docteur: réponse gratuite sous 48h, et Deuxième avis: réponse en 48h pendant 7 jours pour 295€, avec entre les deux MesDocteurs à 2,99€ la réponse en 48h, 4,99€ en 15 min et 1,99€ la minute de chat.
Ces services étant totalement anonymes, le médecin n’a aucun accès au dossier médical du patient Son champ d’action est limité au diagnostic/ conseil, et il ne peut en aucun cas prescrire une ordonnance.
Reste le quid de la rémunération des médecins participants, qui ne peuvent être payés à l’acte. La solution n’a paraît il pas encore été élucidée..
Nb : Certains sites fonctionnant sur le même principe de questions sont aujourd’hui totalement autorisés car régulés par une ARS. C’est le cas de Médecin Direct, qui via du B2B (Business to Business), est accessible gratuitement pour le patient via sa mutuelle, assureur, entreprise, etc.
Parce que JUSTEMENT, la télémédecine ne décolle pas !! Certains entrepreneurs ont astucieusement saisi l’opportunité du « téléconseil médical », qui dépend de la Directive Européenne sur le commerce électronique, bien moins régulé que le décret de télémédecine.
A l’ère du numérique et des nouvelles technologies qui permettent des avancées dans tous les domaines, ce blocage de télémédecine laisse un besoin énorme insatisfait auquel personne ne répond,
Ha oui, il y a Google ou Doctissimo… à vos risques et périls..
Même si le rapport du CNOM peut paraître un peu agressif envers ces start-up, je ne pense pas que le but soit de les considérer comme des ennemis à abattre.
Comme le dit le Dr. Jean David Zeitoun, médecin et chargé de l’accompagnement des start-up santé à TheFamily :
« N’est-il pas normal que les médecins référents puissent, dans un cadre régulé et financé, continuer à prendre en charge leurs patients sous des formes nouvelles grâce aux technologies numériques ? »
Les start-up possèdent des qualités et des avantages dont notre système de santé aurait bien besoin : agilité, rapidité, créativité, maîtrise de l’expérience utilisateur et de l’esthétique des outils. Au Ministère de la Santé de s’activer pour permettre l’éclosion de la pratique de la télémédecine par tous les médecins le désirant, et de réguler ces offres.
« Si les start-up servent à pallier les défaillances locales du système, on ne peut pas leur en vouloir mais cela veut dire que c’est l’organisation traditionnelle qu’il faut revoir. »
conclut le Dr. Zeitoun.. Je rêve déjà de télé-interprétation des ECG, bilans bio, photos dermato, des consultations téléphoniques d’adaptation de posologies ou de l’envoi d’ordonnances électroniques aux pharmacies. Un rêve bientôt réalité ?
Nb : Si vous voulez tout savoir sur la télémédecine, le Pr Pierre Simon en a fait un bouquin très complet, je l’ai lu ! (Je n’ai aucun lien d’intérêt avec le Pr Simon)